Avec la Révolution, les Français découvrent la France. A côté du souci politique
d'unifier le territoire, le droit, la langue, croît un désir de connaître, de s'approprier
la France dans sa diversité. De nombreux recueils, mi-encyclopédies mi-récits de
voyage, répondent alors à cette demande.
Ainsi, en l'an VI (1797-1798), deux professionnels du genre vont-ils nous offrir les
premières descriptions systématiques des Landes. Or, en dépit de quelques points
communs, ces textes fondateurs développent deux logiques profondément
différentes.
Jacques Grasset Saint-Sauveur dessine, par le texte et l'image, la figure du
Landais "typique", telle que mille contrefaçons la figeront par la suite : le nomade
de la Lande, juché sur ses échasses et engoncé dans sa peau de mouton, dur à la
tâche mais aimant à la folie la chasse, le vin et la danse.
Joseph Lavallee, philosophe et militant des Lumières, s'oppose énergiquement à
cet enfermement dans le stéréotype. Partie intégrante de la France nouvelle, les
Landes peuvent et doivent être drainées, cultivées, fécondées par l'effort de leurs
habitants. Quant aux Landais, rien ne s'oppose à ce qu'ils deviennent des Français
à part entière, à condition, bien sûr, de renoncer à quelques habitudes archaïques,
sinon un tantinet sauvages, comme les courses de taureaux.
Dans sa présentation, Guy Latry montre quel sort les Landais ont fait à ces
représentations d'eux-mêmes, et sous laquelle des deux ils ont choisi de paraître
-ou, peut-être, de se masquer.
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