Théo Angelopoulos, dont la plupart des films ont reçu un
prix international, est considéré comme l'une des grandes
«consciences» européennes. Parce qu'il n'a jamais renoncé à
la dimension historico-critique de la création artistique, le
cinéaste grec occupe, en effet, une place unique dans le
panorama artistique contemporain.
Son oeuvre, élaborée depuis trente ans à l'écart des modes
et des chapelles, rencontre toutes les questions esthétiques et
politiques du XXe siècle. A l'instar des grandes oeuvres
poétiques ou romanesques de ce siècle qui mêlent prose et
poésie, réflexion historique et remémoration, c'est une
véritable poétique de la mémoire qu'élabore, de film en film,
le cinéaste grec.
Voyage à Cythère (1984), film charnière dans l'oeuvre du
cinéaste, oppose ainsi à l'amnésie collective de la Grèce
moderne un récit dont la construction élabore une «histoire
des vaincus de l'Histoire». S'y révèle la dynamique propre au
cinéma d'Angelopoulos qui allie tradition populaire et
tradition savante, en agglomérant tous les matériaux de
l'hellénisme, de l'épopée homérique à la poésie de Seféris ou
de Baudelaire, des mythes antiques aux chansons démotiques
et au rébétiko.
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