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On croit souvent que la spiritualité ou, du moins, son expression publique et ses formes les plus flamboyantes sont l’apanage des hommes, de ces grands maîtres reconnus qui ont eu, littéralement et métaphoriquement, « voix au chapitre ». Bien des figures de femmes, pourtant, prouvent le contraire : contemplatives ou engagées dans le monde, visionnaires, artistes, scientifiques ou philosophes, appartenant à des cultures religieuses variées, elles ont eu des destins spirituels hors du commun, elles ont traversé le monde et le temps dans une quête de l’absolu qui exigeait d’elles de tout donner, de tout brûler parfois et de se consumer. Leur vie a pris sens dans ce don de soi qui pouvait prendre des formes variées mais qui toujours était tendu vers un au-delà d’elles-mêmes. Les textes issus de la rencontre qui s’est déroulée à l’occasion de la 16e édition de la Journée de la solidarité humaine, organisée par la Fondation Ostad Elahi, proposent de s’interroger sur ces expériences féminines en se demandant si elles ont une spécificité ; s’il existe, en d’autres termes, une manière « féminine » d’aborder les questions spirituelles et, le cas échéant, quelles peuvent en être les formes contemporaines. Dans un monde où les religions sont si souvent soupçonnées de misogynie, voire d’oppression envers les femmes, il est urgent de montrer qu’en matière spirituelle la voix des femmes existe et qu’il convient de l’entendre et, surtout, de l’écouter.