«...Ainsi je me retrouvais seule tout à coup, livrée à ma propre décision. Je me sentis
brusquement pâlir et je regardai, incertaine, de tous les côtés, comme si je cherchais
quelque chose à quoi me raccrocher. Le concierge, à qui je m'adressai, me reconnut
et me demanda ce que je souhaitais - et je voulus lui répondre, mais alors seulement
je remarquai que je tremblais de tout mon corps : Ma voix était enrouée, artificielle,
lorsque je demandais la chambre d'Ena.» (Voir une femme)
«Nous sommes dans le hall d'un luxueux hôtel de Saint-Moritz... La
narratrice parle de son désir et de son attente comme d'un incendie sur
la neige. ... Ena Berstein, la femme aimée, est une déesse inaccessible, dont
la vision lointaine sèche la bouche et détruit le coeur...
A lire cette nouvelle (écrite à l'âge de 21 ans) chacun comprendra pourquoi
celle qui l'écrivit n'aurait pu vivre longtemps...» (Etienne Barilier, extraits de
sa préface)
Dans sa postface, Alexis Schwarzenbach nous raconte comment il a
retrouvé le manuscrit aux archives de Berne ; un vrai travail d'archéologue
pour reconstituer un texte oublié et jamais répertorié. «Voir une femme
remplit aussi, du point de vue de son contenu, un espace que l'on croyait
vide. Annemarie Schwarzenbach avait écrit à un proche, à 20 ans, qu'elle
ne pouvait "aimer que des femmes avec une passion véritable"... Or, avec
la découverte de Voir une femme, il apparaît clair qu'Annemarie
Schwarzenbach, à 21 ans déjà, avait écrit un texte de "coming out"
soigneusement et sauvagement construit, où rien n'était dissimulé.»
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