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Vallées, forêts et monts vosgiens à la lisière de la Lorraine et l’Alsace : Karine Miermont traverse ces lieux depuis une trentaine d’années, travaille à leur protection. Les sensations vécues dans ces espaces, les souvenirs et surtout le désir, la poussent à raconter les vies de ceux qui y habitent : arbres, pierres, eau, animaux, hommes et femmes : « Toutes ces présences qui ouvrent des récits, des histoires ». Par l’observation, l’analyse, de telle source, tel arbre, pourtant familiers, l’auteure s’ouvre à l’étonnement et à la contemplation : autant d’états d’être qui façonnent une écriture à plusieurs vi(e)sages, qui s’interroge sur elle-même, jusqu’à se raconter elle-même, se faire récit du mot. Si l’élément naturel sature chaque page de ce récit, ce n’est pas tant pour le décrire, faire état de recherches très précises que pour en relater l’expérience sensible, existentielle, celle de l’auteure et celle qu’elle met à portée du lecteur. Sans lien chronologique entre eux, au gré des saisons, les instants vécus prennent l’allure de séquences aux touches impressionnistes, le réel visible est perçu dans sa profondeur temporelle, tel un sédiment modelé par le temps. Par la concision d’une écriture qui se déroule toujours plus, Karine Miermont interroge ce qu’elle voit et ressent. Par là elle cherche ce qui vit au-delà du visible : « On pourrait ne pas s’arrêter, passer son temps à regarder et raconter ce que l’on voit, pendant des minutes, des heures, des mois, des années des siècles à dire infiniment ce qui se passe quand rien ne se passe soi-disant (...) ». Dans cette quête du mystère pressenti, nous retrouvons peut-être un peu du lyrisme des Disciples à Saïs de Novalis. Récit rythmé de réflexions et de faits, la scansion « dedans » et « dehors » s’élabore aussi dans les mots, qui, comme la forêt, deviennent lieu d’apprentissage, de ramifications infinies : « Les mots ces réservoirs, ces dépôts. Contiennent toujours plus que ce que nous y mettons quand nous parlons ou pensons ou lisons ou écrivons. » Cet au-delà inexprimable passe bien sûr par l’expression poétique qui ponctue le récit, de manière tout aussi singulière que dans son précédent ouvrage, Marabout de Roche. La solitude que nécessite le face-à-face avec la nature est loin d’habiter l’écrit, au contraire, Karine Miermont le tisse d’anecdotes, de conversations, de références livresques, d’études d’archives, mais aussi de citations proverbiales qui rendent hommage à des hommes, des femmes, des animaux. Autant de paroles, d’écrits qui nourrissent les réflexions de l’auteure sur la vie, la finitude, le temps, l’écriture. Face à la profusion des points de vue, difficile de déterminer la nature véritable du récit : analyse scientifique, recherche historique, essai critique, écrit poétique, la démarche est volontairement audacieuse. Portés par la ferveur d’un style lapidaire et instinctif, c’est l’éloge de la lenteur, du silence, la quête d’une totalité première qui traversent de part en part les lignes de cette œuvre.