Vérité et interprétation
Grand représentant de l'herméneutique, Luigi Parcyson produit dans son maître ouvrage, Vérité et interprération, une véritable défense de la connaissance de la vérité. La critique légitime des limites historiques du savoir, surtout dans le champ éthique et politique, se fourvoie en aboutissant à un relativisme sans espoir. Si toute formulation de la vérité est historiquement située, cela ne prouve pas tant notre incapacité a élaborer une connaissance vraie que le caractère toujours révélatoire de la vérité. Celle-ci, universelle, inépuisable, n'en est pas moins dépendante des oeuvres historiques et des personnes qui lui prêtent leur voix.
L'herméneutique de pareyson, souvent rapprochée de celle de Gadamer, a pour principe que la vérité se montre dans toute connaissance authentique : il appartient alors à l'interprète de la rechercher en participant à son processus de révélation. La philosophie ainsi entendue doit mener une polémique sans relâche contre les idéologues de toutes sortes, c'est-à-dire aussi contre elle-même, ou du moins contre ceux qui s'emparent de son nom pour mieux l'aliéner en détruisant son lien avec la vérité.
Notre époque vit plus que jamais sous le règne de l'idéologie : elle confond le vrai et l'efficace, substitue à la pensée individuelle la norme des systèmes, et fait disparaître la vie de l'interprétation sous la circulation des informations. Voilà pourquoi Parevson se livre à une critique vigoureuse des idéologies : praxisme, technicisme, historicisme, fanatisme, etc., ces idoles d'un monde tombé dans l'irrationalisme de la raison sans vérité. Leur réfutation impitoyable et rigoureuse n'a rien perdu de son actualité. Elle constitue sans doute le seul remède aux maux présents - le repli, le mépris de la civilité, la haine de l'humain - qui privent la personne de la vérité sans laquelle elle ne saurait s'accomplir.
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