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Le verger n’est pas une métaphore, c’est un rapport au monde. Une attention constante au soin, à la forme des fruits, à la hauteur et la direction des branches. Une attention à des cycles plus vastes que l’homme. Faire croître c’est avoir conscience de l’environnement : pruniers, abricotiers, cerisiers, chaque arbre porte son caractère, sa nature. Patience, attention et gestes sûrs sont nécessaires à leur apprivoisement. Cédric Le Penven pèse les heures dans ce livre rythmé par l’écoute des arbres et la récolte silencieuse de leurs fruits. Face à l’immobilité apparente de ces arbres, à leur impassibilité, on presse notre fatigue, notre épuisement, notre porosité. Dans le fourmillement de vie, de plantes et d’insectes, on reste malgré tout un intrus, comme si notre capacité à englober toutes ces vies dans notre conscience et dans nos gestes nous en excluait. On cherche à poser notre marque humaine, à faire fructifier : on greffe, on transforme, on mute. Il y a une tension entre ces présences naturelles, l’intervention du gel, le refus mystérieux d’une greffe, le rejet d’un sol, et l’obstination de l’homme, ses outils pour faire plier la nature. Les arbres aussi tombent malades, portent leurs cicatrices. Il faut savoir avec précision ce qu’il faut couper, pour ne pas augmenter le mal, et nettoyer les plaies. C’est une des quêtes du livre, oser poser ses blessures « à l’air libre ». Le Penven pose sur son verger une main qui cherche à apaiser, à guérir, à faire grandir. Une main douce et attentive, à rebours des coups et des poings de l’enfance. Contre tous ces arbres que l’on plante à l’intérieur de soi-même, et qui prolifèrent de façon anarchique, envahissante, que l’on est bien impuissants à tailler et qui donnent tant de fruits noirs. C’est que pour se guérir soi-même, la précision de nos gestes ne vaut rien ; on ne peut les porter vers soi. On a beau essayer de savoir, on ne connaît rien de ce qui nous agite et s’agite au dehors. La mémoire, les enfants qui grandissent, les blessures logées à l’intérieur de chacun, pour tout cela il n’y a pas de manuel, et il « ne reste plus qu’à tout aimer sans rien comprendre ».