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La correspondance de Vincent van Gogh ne laisse aucun doute : dès 1873, il a vingt ans, le portrait le fascine. Avant même qu’il ne prenne la décision de devenir peintre, ses nombreuses visites des musées, aux Pays-Bas, en Angleterre, ou encore à Paris, l’ont convaincu de l’importance du portrait, qu’il soit peint ou photographique. Peindre des portraits afin de se mesurer à ses pères deviendra donc le plus grand défi qu’il lui faudra relever. Mais si Rembrandt a peint pour les bourgeois d’Amsterdam, et si, au XIXe siècle, le portrait continue de rester l’affaire de personnages « distingués », Vincent ne prend pour modèles que des hommes et des femmes anonymes qui appartiennent à ce qu’il dit être le tiers état, des hommes et des femmes dont personne ne s’est jamais soucié de savoir qui ils étaient. Dans cet ouvrage, Pascal Bonafoux met en évidence cette longue, patiente, difficile et obstinée quête artistique, à travers les lieux où Vincent a séjourné, depuis la noirceur du nord de l’Europe, en passant par la lumière éclatante d’Arles, jusqu’à sa destination finale, à Auvers-sur-Oise. Il redonne ainsi vie à l’un des plus grands artistes de tous les temps.