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Une sacrée bonne femme en effet que cette Florence qui nous raconte sa jeunesse, revécue à travers la folie tour à tour féroce et brûlante de son imagination. Elle nous dépêche à bout portant la masse de ses souvenirs comme autant de télégrammes dont chaque mot serait compté parce qu’il coûte cher. Il en résulte le roman battant et rythmé d’une romanichelle ivre de son corps, de liberté : son enfance auprès d’une mère tyrannique en l’absence d’un père trop aimé, un premier amour pour un homme marié qui se tue dans un accident d’auto, puis le vagabondage avec les hippies, Tiarko qui vend des bijoux sur les trottoirs et Wenceslas amateur de chevaux, jusqu’au jour où un vieil amant oublié lui lègue par testament un bordel pour hommes. « Je suis habituée à une solitude énorme, riche et douloureuse », dit-elle. Et c’est le fond de sa nature. Rapide comme un oiseau à l’œil perçant, Florence emporte le lecteur avec elle dans son sillage de feu.