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Tous les secrets de l’affaire Dreyfus, qui a passionné les Français de la Belle Époque, ne sont pas élucidés. Certes, l’innocence du capitaine juif est depuis longtemps avérée. Sa condamnation en 1984 reposait pratiquement sur une pièce unique : le fameux bordereau adressé à l’attaché militaire de l’ambassade d’Allemagne à Paris. En 1986, on en découvrit le véritable auteur : le commandant Esterházy. Tandis que les dreyfusards faisaient de lui le véritable traître, Esterházy bénéficiait d’une extraordinaire bienveillance de la part des autorités militaires – y compris du conseil de guerre qui l’acquitta en janvier 1898. Comment expliquer cette clémence insolite ? Bien des hypothèses ingénieuses ont tenté de résoudre l’énigme, imaginant généralement quelqu’un d’autre, plus éminent, derrière Esterházy, mais sans autre précision. Jean Doise, travaillant sur ce dossier depuis quarante ans, résout autrement la question : Esterházy a bel et bien rédigé le bordereau, mais sur ordre du Service de renseignements français. Il a été utilisé dans une opération d’ « intox » à destination de l’Allemagne. Que voulait-on faire accroire à l’« ennemi virtuel » ? Que voulait-on lui cacher ? Jean Doise répond à cette double question en partant de l’histoire de l’artillerie : la chronologie de l’affaire Dreyfus correspond aux années de mise au point du canon de 75. Cherchez le canon, vous comprendrez l’Affaire !