Plutôt qu'une nouvelle description du déclin du PCF, cet
ouvrage présente des études visant à restituer les logiques
multiples, endogènes et exogènes, qui peuvent rendre
compte de l'histoire du PCF dans le dernier demi-siècle. Institution
politique dont la vision du monde stalinienne est
profondément mise en cause après 1956, le PCF procède à
un double aggiornamento, intellectuel et stratégique, que la
rupture de l'Union de la gauche en 1977 vient briser. Depuis
les années soixante en effet, une autre configuration partisane
- fondée sur d'autres rapports de force internes entre
les différents types de militants et cadres - avait progressivement
pris forme au point de menacer les positions de
pouvoir des héritiers du «cadre thorézien» dont Georges
Marchais était le chef de file. Les logiques bureaucratiques
de survie de l'institution politique qui prévalent après 1978
se traduisent par le départ de nombreux militants (dont
beaucoup d'intellectuels) et par des crises, plus ou moins
visibles, du groupe des militants et permanents ouvriers.
Le désarroi des militants et des cadres, souvent vécu dans
l'isolement et le «quant à soi», précédant un retrait silencieux
et malheureux, dévitalise peu à peu le parti politique,
au moment même où s'opèrent des transformations de la
classe ouvrière à la fois objectives et subjectives auxquelles
le PCF ne peut plus faire face par les moyens de la rhétorique
traditionnelle. L'effondrement des régimes communistes
en 1989-1991 et l'échec de la «stratégie d'attente» mise
en oeuvre depuis 1978 conduisent au rejet de la «matrice
stalinienne» - la période Robert Hue, 1994-2002 -, puis à un
démembrement progressif du système d'action communiste
et bientôt du PCF lui-même.
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