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Une adolescente, soutenue par son amoureuse, porte plainte contre son père qui la violait depuis ses huit ans, mais c’est l’amoureuse qui est envoyée en prison pour « relation contre-nature avec une mineure de son sexe ». Tirés d’un fait divers qui s’est déroulé à Antananarivo au début de la crise sanitaire, le développement comme les personnages ne relèvent cependant que de la fiction. S’il faut pénétrer dans la famille pour tenter de comprendre, avant même d’ouvrir la porte, on sait qu’il n’existe rien pour justifier l’acte interdit. Isolée à Rochefer-l’Interdite, Lila est accueillie par une grand-mère un peu sorcière, une tante aussi paysanne que la mère de Lila est citadine puis Lys, une cousine très curieuse presque du même âge qu’elle, et aussi un oncle exhibitionniste un peu simplet. Elle ne peut cependant se résoudre à rester loin de la capitale, sans même un téléphone. Elle doit pourfendre son père, ouvrir les yeux de sa mère, délivrer Klem et mettre à l’abri sa sœur Rose. Lys veut l’aider, elle est persuadée que les filles ne devraient pas être jetées dans l’Ikalariana, comme le prétend la légende associée au nom de la rivière. Le propre des tabous est d’imposer le silence autour. En parler devient tabou aussi. Quand les dérèglements sont tus et cachés, inverser les choses est quasi impossible. Aussi difficile qu’inverser le cours de l’eau ou d’une légende. Tribunal des cailloux pose la question du renversement nécessaire de certaines valeurs quand elles mènent à une situation que les contemporains ne peuvent pas tolérer.