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Aucun officier, pendant la première guerre mondiale, ne fut plus proche de Pétain que le futur général Serrigny. Il fut même si étroitement attaché à la personne du Maréchal, qu’on peut comparer le rôle qu’il joua auprès de lui à celui de Weygand aux côtés de Foch : il fut à la fois son confident et son conseiller. Et Pétain disait de lui : « Serrigny, c’est mon imagination ! » On comprend que les mémoires de Serrigny puissent tenir, aujourd’hui, la place de ces mémoires que Pétain s’est toujours refusé à écrire. En fait, tout ce qu’il rapporte de la bataille d’Arras, de la bataille de Champagne, de la bataille de Verdun, et de la crise intérieure de 1917, est vraiment d’un intérêt primordial. Ces relations, vite établies sur le plan de l’amitié, ne devaient pas cesser lorsque les circonstances séparèrent les deux hommes : même après avoir quitté l’armée, Serrigny resta continuellement en rapport avec Pétain. Pendant l’Occupation, il ne se passa pas de mois, où il ne rendit visite à l’homme de Vichy qu’il ne suivait plus, mais auquel il devait donner un dernier signe de fidélité lors de son procès, en témoignant pour lui très courageusement. Il restitue, du Chef de l’État, le portrait étonnant d’un personnage parfaitement secret, qui cachait, sous une indéchiffrable impassibilité, une volonté trop entamée par le grand âge et par son entourage. Les souvenirs qu’égrène ici le général Serrigny ont d’autant plus de prix, que les exigences de la fidélité ne lui ont jamais fait oublier celles de la lucidité. Partout, les ombres apparaissent à côté de la lumière et le respect ne va jamais dans ce livre sans une très discrète ironie. Les jugements que porte l’auteur sur les hommes qu’il a approchés, et sur certains chefs comme Nivelle, Castelnau ou Weygand, sont parfois d’une extrême dureté. Aucune des luttes d’influence entre les chapelles militaires, aucune des rivalités entre Pétain et Foch, n’est laissée pudiquement dans l’obscurité. Mais c’est surtout la personnalité du Maréchal Pétain qui est éclairée ici de façon définitive : un Pétain arraché enfin à l’imagerie d’Épinal, et dépouillé de toutes les légendes qu’ont pu inspirer aussi bien l’idolâtrie, que la haine politique. Une pareille liberté d’allure et de ton, une telle franchise, si différentes de ce conformisme prudent et fade de tant de mémorialistes militaires, font de "Trente ans avec Pétain", un témoignage capital, à verser au dossier de l’histoire contemporaine.