Mouettes, multitude de bateaux sur le Fleuve
Rouge, jonques, sampans, croiseurs de la marine,
le D'Entrecasteaux, le Bugeaud, la Décidée,
les tourelles des canons tournées vers le nord.
Tout se présente en même temps, en plus
de l'odeur peu ragoûtante des eaux. On s'habitue
rapidement. Beaucoup de monde sur le quai.
Coolies, marsouins, militaires, civils, Annamites,
Chinois, Européens. Des groupes qui ne
se mélangent pas. Héli cherche à repérer le navire
sur lequel embarquent les orphelins.
Une carriole passe près de lui. On devine
ce que cache la bâche. Une main traîne presque
à ras des pavés. Un cadavre de plus sorti
du ghetto flottant...
Hanoi, août 1910, au nord de l'Indochine. De jeunes femmes
annamites sont découvertes mortes au matin, la tête coupée et
subtilisée. Dans le même temps, des officiers français disparaissent
ou se font assassiner. Chargé officieusement de retrouver un
lieutenant volatilisé, le maréchal des logis lorrain, Héli Auguste
Thirion, va plonger au coeur de la folie des hommes, dans cette
province française lointaine, considérée comme la perle de l'Asie.
C'est un récit âpre, dur, cruel, mais qui sait aussi faire la
part belle à la comédie, à l'image d'un lieu et d'une époque où
le rire et la beauté côtoyaient les pires horreurs.
Jan Thirion écrit tous ces romans «d'une plume alerte dans
un style toujours délicieusement imagé où se mêlent réalisme
et fantastique, poésie et humour noir.» C. Mesplède. Mikko,
Rose blême John et Yoko sont dans un hosto, Ego Fatum (Krakoen)
et Dieu veille Toulouse (L'écailler du sud), ses récits se déroulent
de nos jours, hormis ce nouveau roman, qui invite à se
plonger dans le passé colonial de la France.
We publiceren alleen reviews die voldoen aan de voorwaarden voor reviews. Bekijk onze voorwaarden voor reviews.