Soleil brûlé a pour sujet cette nouvelle forme d'esclavage engendrée par les
réseaux criminels de prostitution. Entre l'Italie et l'Albanie, devenues dans
ces pages «Là-Haut» et «Là-Bas», l'auteur tisse une fiction violente et bouleversante
avec les acteurs de ce monde sans pitié : prostituées, proxénètes, clients,
policiers... Tous prennent vie et voix à leur tour dans ce cauchemar urbain
malheureusement ultraréaliste. Mais si Elvira Dones a puisé son inspiration
dans les faits divers et les rapports de police, c'est avant tout un grand roman
qu'elle nous offre. Construit comme une polyphonie, il débute par le rapatriement
d'un cercueil, celui de Leila, jeune femme kidnappée et happée dans
le tourbillon déshumanisant d'un de ces réseaux mafieux. La défunte, enfin
apaisée, nous raconte son histoire et celle de ses compagnes d'infortune. Son
témoignage devient un fil rouge autour duquel s'élancent d'autres voix.
Il existe donc un enfer, et Elvira Dones nous le fait visiter. Son roman est social,
politique, engagé, mais aussi beau, déchirant, émouvant. De toute cette noirceur,
Elvira Dones fait un usage si juste qu'on referme le livre avec la certitude qu'il
y avait là quelque chose d'important à lire, quelque chose qui laisse une trace
indélébile, comme toute grande littérature.
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