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L'hôpital serait-il si malade qu'il ait besoin de soins attentifs ? Des exemples quotidiens, des études et analyses, donnent à cette question des réponses contradictoires… Il semble donc légitime de nous pencher, comme nous y invite Bernhard Kitous, sur le fonctionnement de cette institution qui, tel un organisme vivant, devrait bénéficier de la méthode clinique chère aux médecins. En effet si, en France, l'hôpital a su garder - comme cadre de référence - le service public ouvert à tous, dans la ligne multiséculaire de la charité, puis de l'assistance et de la médicalisation, il est urgent d'envisager des scénarios lui ouvrant un véritable avenir. Bernhard Kitous, docteur en gestion, propose ici d'expérimenter une nouvelle gestion publique, qui valorise les pratiques d'autonomie au sein de l'hôpital. Rappelant que l'autonomie n'est pas autonomiste, qu'elle doit accepter les réalités multiples de la société et de l'économie contemporaine, il dessine de nouvelles pistes pour les dirigeants hospitaliers – chefs d'établissement, responsables de services, médecins, cadres – capables de conduire une démarche évolutive. Redonner vie à un corps social en voie de cloisonnement, faciliter la reprise des relations d'échange entre l'hôpital et son environnement, ouvrir vers une qualification renouvelée des emplois et des compétences : sont des nécessités reconnues, à transformer en objectifs pour un management efficace des hommes et des structures… Ce n'est qu'à ce prix que l'hôpital public de demain, fort de son identité, pourra se développer et constituer pour les malades un label de qualité.