À partir de l'ère Meiji, et jusqu'à la fin du second conflit mondial, le shintô
d'Etat, avec l'empereur comme figure de proue, domina la société japonaise. Les
Américains, qui occupèrent le Japon jusqu'en 1952, y effectuèrent un grand
nombre de réformes en vue de la démocratisation du pays et, parmi celles-ci, ils
s'employèrent à démanteler le shintô d'État. Cependant l'entreprise de
destruction ne fut pas complète. En effet, si la souveraineté populaire fut
clairement établie, l'institution impériale ne fut pas abolie et le sanctuaire
Yasukuni, clef de voûte de l'édifice politico-religieux d'avant-guerre, même s'il
fut transformé en une institution religieuse privée, existe toujours.
Or, depuis la fin des années 1990, l'idéologie héritée du shintô d'Etat effectue
un retour en force dans le cadre duquel les pèlerinages au sanctuaire Yasukuni de
l'ancien Premier ministre, Koizumi Jun'ichirô, ne constituent que les
manifestations les plus évidentes. Le Japon est-il pour autant en train de
s'engager à nouveau dans la voie du nationalisme et du culte impérial ?
À travers l'analyse approfondie de l'idéologie du principal lobby shintô du
Japon contemporain et des relations que celui-ci entretient avec les conservateurs
du Parti libéral démocrate, cet ouvrage se propose de répondre à cette
interrogation.
Il ne s'agit cependant pas d'une simple monographie puisque l'autre
ambition de ce livre est, par une mise en perspective avec les cas américain et
français, de proposer un modèle théorique rendant compte des liens pouvant
exister entre religion et politique dans les démocraties contemporaines.
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