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La liberté, c’est vrai, ne va pas sans complication. Deux ans après la chute du mur de Berlin et celle des régimes communistes, les auteurs de ce petit livre peuvent témoigner que cet immense « chantier de la liberté » qu’est devenue l’Europe de l’Est grouille de problèmes nouveaux. La démocratie et le « marché » ont déjà leurs profiteurs, les polices politiques n’ont pas partout disparu, les nationalismes et la xénophobie montrent parfois leur nez… Mais nulle part ailleurs dans le monde, l’humour, la dérision, la distance ne sont aussi judicieusement utilisés pour conjurer la déprime. Les gens de l’Est savent rire d’eux-mêmes. Et des drames qui les assaillent. Belle leçon ! Cabu, cela tombait bien, n’est pas très porté, lui non plus, vers la grandiloquence, l’esprit de sérieux ou la componction. Le regard aigu, souvent féroce, qu’il jette ici, d’étape en étape, sur la vie quotidienne de l’après-communisme contraste avec la gravité des discours ordinaires. De Berlin à Prague, de Budapest à Bratislava, Tirana ou Sibiu, voici donc un grand reportage et plusieurs centaines de dessins sur l’an de la démocratie. Sauve qui peut à l’Est ! Jean-Claude Guillebaud