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En 2018, Sophie Pirson, dont la fille Léonor a été blessée dans les attentats du métro de Maelbeek, rencontre Fatima Ezzarhouni, mère d’un djihadiste mort en Syrie. De leurs conversations naitra un livre, Couvrez-les bien, il fait froid dehors. Lors des dizaines de débats autour de cet ouvrage, pas une séance ne s’est déroulée sans que soient évoquées les questions de la haine — est-elle inévitable ? — et du pardon — est-il imaginable ?
Ce questionnement a mené Sophie Pirson au procès des attentats de Bruxelles qui s’est ouvert en automne 2022. Pendant cinq saisons, elle a tenu un carnet de bord bien singulier, en portant le regard en dehors de la salle d’audiences : en cherchant des fragments de réponses dans les couloirs, la salle de presse, la cantine ou autour de la machine à café.
On retrouve dans Quatre saisons plus une une écriture du réel qui fait résonner les mots de ceux qui murmurent, comme les mots de celles qui ne sont jamais parvenues à se faire entendre. Profondément humain, ce carnet montre que l’équilibre entre le singulier et le collectif, comme entre le repli et l’ouverture, est certes fragile, mais encore pensable. C’est le journal d’un procès hors norme qui interroge notre condition humaine avec ses parts de douleurs, de rires, de larmes, de confrontations, d’interrogations, d’incompréhensions, de rejets, de compassions, de violences, de solidarité. Il est suivi du Printemps c’était hier, un écrit court où l’autrice s’adresse à sa fille Léonor au lendemain des attentats.