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Quasi una fantasia est le second volume, publié en 1963, des "Écrits musicaux" d'Adorno. Les textes qu'il regroupe, écrits pour la plupart après la guerre, s'attachent aussi bien à analyser et à juger la musique existante - la mauvaise comme la bonne - qu'à imaginer une musique possible, encore à venir. Bien que très divers, les sujets abordés font apparaître l'unité d'une pensée théorique dont l'intention déclarée est de permettre, en donnant à l'expérience les moyens de se réfléchir, une libération de la pratique. Le recueil, telle une oeuvre musicale, comprend trois parties. La première, "Improvisations", rassemble des aphorismes écrits par l'auteur entre 1927 et 1951, un texte de sociologie musicale, un hommage à Carmen - dédié à Thomas Mann - et une "Histoire naturelle du théâtre" dans lequelle Walter Benjamin voyait les "prolégomènes à toute histoire future du théâtre baroque". Les textes de la seconde partie, "Remémorations", se penchent sur le cas de quatre compositeurs oubliés ou décriés - Mahler, Zemlinsky, Schreker et Stravinsky -, dans le but de réviser le jugement prononcé contre eux par l'histoire. Le "Finale" est tout entier consacré aux problèmes de la musique contemporaine. Il contient des textes sur Berg, sur le rôle de Vienne dans l'histoire de la "nouvelle musique" et sur le Moïse et Aaron de Schönberg - oeuvre qui, mieux que nulle autre, permet de faire la part du "progressisme" et du "traditionnalisme" de son auteur. Un dernier essai, qui est aussi un manifeste, "Vers une musique informelle", s'efforce de montrer à quelles exigences le travail de composition doit satisfaire à notre époque. Il se termine par cette phrase : "Toute utopie esthétique revêt aujourd'hui cette forme : faire des choses dont nous ne savons pas ce qu'elles sont."