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Et si les jeunes étaient les mieux placés pour savoir qui ils sont, et ce qu’ils désirent ?
Trop souvent, ce sont les adultes qui prennent les décisions pour les enfants. Ça paraît bien normal lorsqu’il s’agit d’assurer leur survie. Mais à force de considérer les jeunes comme des êtres intrinsèquement vulnérables, nous avons tendance à discréditer leur parole. Comme si leurs choix étaient à la fois dangereux pour eux-mêmes… et pour la société. « Propagande LGBT », « transidentification des mineurs », « dérives de la théorie du genre » : lorsqu’on ose évoquer le genre et la sexualité des jeunes, c’est la panique morale. Et quand ils suggèrent aux adultes la possibilité de ne pas être hétérosexuels ou cisgenres, on leur répond que « c’est une phase ». Pourquoi avons-nous tant de mal à croire la parole des jeunes en matière de genre et de sexualité ? En croisant littérature scientifique, témoignages de jeunes personnes queers et son expérience de formatrice en milieu scolaire, la sociologue Gabrielle Richard nous invite à réfléchir à la notion d’adultisme et à nous poser la question : protéger nos enfants, n’est-ce pas d’abord apprendre à mieux les écouter ?