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Comment, pourquoi le Front national a-t-il pu s’implanter si profondément dans ce qu’on appelle encore le « monde du travail » ? Jean Viard s’est interrogé sur ces millions d’électeurs, ces « travailleurs » touchés de plein fouet par l’immense révolution technologique et spatiale en cours. Certes, les paris des « trente glorieuses » ont presque tous été gagnés : pais en Europe, revenus multipliés par quatre, éducation de masse, durée de vie sans cesse augmentée, révolution informatique, 25 % d’emplois travaillant pour l’exportation. Mais la société que nous avons créée est maintenant sans projet et nous désespère. Chômage, réduction de 30 % des emplois ouvriers, paupérisation, éclatement urbain, mise à l’écart des jeunes et des plus de 50 ans, instabilité des familles apportent déception et découragement. Le mouvement néo-fasciste s’installe d’abord à partir de ce ratage de l’aventure collective. Il capte des électorats victimes de ces mutations que les partis classiques n’ont su ni prévoir, ni accompagner. Il corrompt notre société par son défaitisme et sa peur des étrangers. Mais cet essai va bien au-delà de ce constat. Il explore les immenses possibilités de ce monde nouveau, il dessine la place que la France doit y tenir, il propose de nouveaux enjeux à la politique pour régénérer la démocratie, la ville, le travail, et redonner le goût de l’avenir et la passion d’être français.