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« En beaucoup de domaines, le meilleur est dans la moyenne », et « dans la cité » en particulier, on doit vouloir « être au milieu », affirmait Aristote dans Les Politiques. Cette idée d’une bonne citoyenneté a pris corps au lendemain de la Révolution, opposant l’égalité aux privilèges par l’avènement d’une large classe centrale. Mais que reste-t-il de ces idéaux républicains, quand une partie de notre classe moyenne hurle sur les ronds-points les inégalités sociales et la peur du déclassement ?
Dans un tableau culturel, historique, sociologique, politique et philosophique des classes moyennes, Vincent Bourdeau explore et élargit le sens d’une expression, « classes mitoyennes », que l’on rencontrait dans les écrits de Germaine de Staël. En revisitant cette appellation, il réaffirme leur pouvoir d’intégration sociale et d’accomplissement de soi par une véritable culture du lien.
En remplaçant le concept éculé de méritocratie– qui institutionalise les injustices sociales – par celui de considération, l’auteur trouve un moyen de réveiller la république mitoyenne. Il ne questionne plus seulement le rang mais aussi le rôle des classes moyennes : celui de rendre sa place à chacun ; de transformer les institutions de la République sans les mettre à bas ; de faire advenir une société solidaire et agissante qui prenne son avenir en main.
Un plaidoyer saisissant en faveur des classes moyennes, mitoyennes, citoyennes.