La majeure partie des juges et des juristes continuent
à se reposer sur les techniques d'interprétation,
considérées comme un outil permettant de régler
un cas, d'appliquer le droit et ainsi de traduire dans
les faits la volonté du souverain - dans un système
démocratique, de rendre la justice au nom du peuple.
Ce, quand bien même de nombreux courants critiques
du droit ont montré que l'interprétation d'une norme
n'est jamais neutre, et qu'il n'est d'autre vérité en droit
que celle déclarée telle par l'interprète authentique.
Pour autant, ce serait viser trop court que de considérer
ces techniques seulement comme les paravents
de décisions prises une bonne fois pour toutes. En
étudiant la pratique des juges, on constate d'abord
que les techniques canoniques n'ont en réalité qu'une
importance marginale par rapport à des cadres
généraux d'interprétation résultant de spécificités
nationales. On voit surtout, ensuite, l'importance que
revêt une perspective institutionnelle pour comprendre
cette pratique : l'ancrage des cours, leurs rapports avec
les autres acteurs des champs juridique et politique
et les moyens d'action dont elles disposent éclairent
les positions qu'elles prennent et les interprétations
qu'elles sont conduites à développer.
En ce sens, l'étude des techniques d'interprétation
invite, au-delà des seuls cas des juges constitutionnels
français et allemand, à reconsidérer le droit en y
mettant un peu moins de principes, et un peu plus de
concessions aux réalités politiques et sociologiques.
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