Issue d'un long processus de maturation, d'abord dans un cadre religieux chrétien puis, à partir du XIXe siècle, dans un cadre médical où la psychiatrie substitue à l'action diabolique l'explication pathologique, la notion de possession renvoie toujours à une forme d'altérité - qu'elle soit religieuse, biologique, sociale, géographique, ethnique ou raciale. Elle est souvent associée à un ailleurs, qu'il soit spatial ou temporel. Pourtant, à la lecture des contributions rassemblées dans ce volume, la possession apparaît comme un phénomène universel, présent dans une multitude de sociétés anciennes et contemporaines. Elle se présente comme l'une des expériences ou pratiques religieuses les plus répandues et partagées dans le monde. On pourrait la qualifier de pratique « ordinaire », mais ce serait oublier qu'elle soulève partout des questions, résiste aux analyses trop simplificatrices ou généralisantes et demeure irréductible dans la diversité infinie de ses manifestations.
Ce livre rassemble des spécialistes en histoire et en anthropologie qui explorent la possession à travers ses pratiques cultuelles, les représentations qu'en donnent les acteurs comme ceux qui s'en distancient, les discours qui l'entourent, ainsi que les interprétations qui évoluent au gré des transformations des paradigmes philosophiques et scientifiques. L'ambition est double : dresser un état des lieux des connaissances actuelles et ouvrir de nouvelles pistes de réflexion. L'ouvrage s'organise autour d'une série d'études de cas, précédées d'une introduction à trois voix qui propose un réexamen de la notion, en tenant compte à la fois de son histoire et de ses usages les plus contemporains.
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