Dans cette oeuvre rare, les poèmes se donnent comme des vignettes
closes sur elles-mêmes, sous forme de constats. En cela Reïzl
Zychlinsky est proche des poètes objectivistes américains. Les objets
évoqués, ceux de la vie quotidienne la plus matérielle, relèvent d'un
animisme qui englobe indistinctement tout objet et tout être. Tout
mouvement y est arrêté en un instantané saisi pour l'éternité.
Le temps n'y connaît pas d'axe, il est simplement, dans un monde
sans début et sans fin où tout est à la fois éphémère et permanent,
contingent et essentiel.
Entre les gratte-ciel new-yorkais s'insère alors tout l'espace engrangé
dans la mémoire du poète : la nature de son enfance, les êtres chers,
les figures bibliques, les paysans polonais, les animaux, les couleurs
souvent primaires et crues. Mais au fond de chaque poème, comme
au fond de chaque instant, se tapit le deuil de l'anéantissement, de
l'extermination que la poésie tente de conjurer.
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