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Les mots et les chiffres sont insuffisants, et même trompeurs, quand il s’agit d’évoquer les multiples occupations des hommes. Populations actives, emploi, travail, chômage n’ont pas le même sens quand il s’agit du labeur exécuté en fonction d’impératifs naturels de caractère cosmique ou de l’exécution de tâches définies par le texte de conventions collectives. Et pourtant, partout, les formes et les conditions de la vie des individus et des groupes sont subordonnées à leur participation à une activité, à l’exécution d’un travail. La nature du travail est devenue de plus en plus diverse dans les sociétés et les économies industrielles, et chaque « espace géographique » est caractérisé par la concentration de certaines formes de travail, tandis que les trois quarts de l’humanité vivent encore sous la loi d’impératifs procédant de leurs rapports avec le milieu naturel dans lequel ils vivent. Dans les deux cas, il y a des liens entre l’espace et les formes d’occupation. C’est l’objet d’un essai de géographie du travail. Successivement, il évoque les activités rurales du Tiers-Monde, où la capacité de travail des populations d’âge actif est sous-employée et misérablement rémunérée, et les structures d’emploi des sociétés industrielles, celles de l’Europe, de l’Amérique du Nord et aussi des pays socialistes, où les mots magiques sont rentabilité, productivité, mobilité, salaires, plein emploi ou chômage.