La philosophie républicaine a trouvé son expression la plus
complète sous la Troisième République et possède des notions
politiques aux sources diverses mais complémentaires.
Inspirée de l'esprit des Lumières et du positivisme, elle
développe des rapports politiques largement déterminés par
le rationalisme, c'est-à-dire par le rejet de toute explication
religieuse sur le monde et sur l'homme. Laïcité, progrès,
justice, ordre, égalité constituent le fondement de sa pensée,
attachée avant tout aux principes universels de la Déclaration
des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Cette volonté de
développer une politique sur un système rationnel et juste
constitue les principes philosophiques de la politique
coloniale en partie poursuivie par Jules Ferry au cours de la
première moitié du dix-neuvième siècle. Le colonialisme a
engendré le progrès (progrès de la civilisation, progrès
matériel, etc.) mais il a aussi développé un système
d'assujettissement comprenant la théorie capitaliste de
«l'exploitation de l'homme par l'homme», théorie
incompatible avec la doctrine morale de Kant dont les
républicains s'inspirent pour mettre en place les bases de
l'éducation publique. Les thèmes de l'esclavagisme et du
capitalisme, toujours d'actualité, sont ainsi traités pour
comprendre la justification des choix politiques des
républicains en matière coloniale. Contradictions, hésitations
nourrissent la politique des gouvernements républicains
successifs dont l'interrogation porte sur la finalité de la
politique républicaine bien sûr, mais, plus précisément, sur
celle de l'impérialisme qui a caractérisé cette période tombée
dans l'oubli.
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