Standaard Boekhandel gebruikt cookies en gelijkaardige technologieën om de website goed te laten werken en je een betere surfervaring te bezorgen.
Hieronder kan je kiezen welke cookies je wilt inschakelen:
Technische en functionele cookies
Deze cookies zijn essentieel om de website goed te laten functioneren, en laten je toe om bijvoorbeeld in te loggen. Je kan deze cookies niet uitschakelen.
Analytische cookies
Deze cookies verzamelen anonieme informatie over het gebruik van onze website. Op die manier kunnen we de website beter afstemmen op de behoeften van de gebruikers.
Marketingcookies
Deze cookies delen je gedrag op onze website met externe partijen, zodat je op externe platformen relevantere advertenties van Standaard Boekhandel te zien krijgt.
Je kan maximaal 250 producten tegelijk aan je winkelmandje toevoegen. Verwijdere enkele producten uit je winkelmandje, of splits je bestelling op in meerdere bestellingen.
photographies du tournage, mise en page de Jean Cocteau
Ce film abolit le temps puisque le Sphinx, Minerve et oedipe y côtoient les vivants de notre époque, au coeur desquels règne le Poète, qui doit mourir plusieurs fois pour renaître comme le Phénix. Conte moderne en images que seul un grand poète pouvait mener à bien.
C'est Pablo Picasso qui m'a présenté à Jean Cocteau en 1956. Très vite je lui ai envoyé des photographies de Gitans qui l'aidèrent à réaliser ses fresques de la chapelle Saint-Pierre à Villefranche, puis il vint aux corridas d'Arles. Il me parla de son projet de film, il souhaitait que je l'aide pour la partie gitane. Il finit par me proposer de photographier le tournage d'abord aux Baux-de-Provence puis sur la Côte d'Azur, ceci en toute liberté.
Une chose est de lire la poésie, autre chose est de la vivre : déjeuner avec oedipe, plaisanter avec Minerve, faire des blagues avec le Sphinx était notre lot quotidien, tout cela entre des stars très complaisantes : Picasso, Dominguin, Lucia Bosé, Jean Marais, Yul Brynner, Charles Aznavour et tant d'autres. Et, plus jeune que nous tous, véritable chef d'orchestre, Jean Cocteau, premier levé, dernier couché, considérant le plus humble machiniste comme une star, s'enflammant pour les chants des guitares gitanes, foisonnant d'idées qui laissaient éberlués les techniciens de l'équipe.
Ce film impressionna très fortement les jeunes cinéastes de la Nouvelle Vague : Jean-Luc Godard, Doniol-Valcroze, et surtout François Truffaut qui, bouleversé d'apprendre que Cocteau n'arrivait pas à boucler le budget, lui apporta spontanément les premières recettes de son film «Les Quatre Cents Coups», tourné avec le jeune Jean-Pierre Léaud. C'est Doniol-Valcroze qui salua le film par son fameux "ce film ne peut être jugé : il juge".
Nous voici donc près d'un demi-siècle plus tard face à ces images qui nous livrent effectivement le testament d'un des plus grands poètes du xxe siècle, qui sut se servir des moyens de son époque, en les sublimant, sans doute pour répondre une fois de plus à la demande pressante de Serge de Diaghilev : "Etonne-moi."