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Que faire quand, à 31 ans, encore vierge, bourrée de principes et pleine de préjugés sur le monde et les hommes, on tombe amoureuse d’un splendide Adonis en chaussettes rouges, à la mèche ravageuse et aux jeans moulants ? Surtout quand on n’a pas une plastique sans défaut. Surtout quand on est une inconditionnelle de Babs Cartwheel (lisez Cartland), que l’on est indécrottablement romantique, et que, malgré une vision parfaite – 10 à chaque œil –, on a tendance à ne pas voir l’essentiel. Tel est le dilemme d’Isabel qui nous entraîne à sa suite dans les dédales du Catafalque, institut d’histoire de l’art aussi vétuste que loufoque, perdu dans la grisaille d’un Londres dont on finit pourtant, sous le soleil californien, par regretter les ciels brouillés, la robinetterie défaillante et les pubs indisciplinés. Partagée entre ses racines américaines et ses attaches londoniennes, entre la parodie et la caricature, le comique et le pathétique, hier et aujourd’hui, Lucy Ellmann fait feu de tout bois dans ce roman décapant et roboratif, dont l’humeur finalement très britannique ne laisse jamais oublier une tendresse lucide pour tous ceux qui – en face aux petits désastres de la vie ordinaire – ne renoncent pas à espérer désespérément.