Ce livre traite du corps socialisé, que l'on habite et qui vous habite.
Le corps que l'on regarde, que l'on danse, que l'on promène, que l'on
photographie, que l'on écrit, que l'on touche, que l'on domine. Le corps
vécu y est décrit dans ses expressions quotidiennes : selon la doctrine
musulmane et les proverbes ou dictons populaires, à travers le culte du
Saint et la spiritualité du Cheikh, par la transe et la communication avec
l'au-delà, dans la déambulation de l'espace public, au hammam comme
lieu de parole et d'expression du plaisir corporel, sous le hijab et le
corps voilé et stratégiquement protégé du regard de l'homme.
Le corps dominé est évoqué lors des illégitimes flâneries de femmes
dans la rue. Mais c'est aussi le corps violenté. Violence symbolique par
l'assignation d'une identité sociale au corps biologique. Violence physique
du contrôle familial de la virginité, de l'excision et de l'amputation
du désir, de la sexualité annexée et du corps féminin stigmatisé par
le corps masculin.
Le corps représenté est traité au prisme des arts qui en proposent
une lecture critique et sublimée, voire transgressive : la danse contemporaine
comme rejet des codes identitaires nationaux, la photographie
comme témoin des transformations du corps social colonisé et des patrimoines
à réhabiliter, le cinéma comme mise en images du corps intériorisé,
la littérature et la poésie comme expressions du corps transfiguré.
Puisant ses exemples dans des sociétés du Maghreb (Mauritanie, Maroc,
Algérie, Tunisie), cet ouvrage s'interroge particulièrement sur la rencontre
et sur la cohabitation souvent inégalitaires entre les corps masculin
et féminin.
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