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La Troisième République a travaillé à nouer une intimité charnelle et affective entre les enfants et la nature, à l'inverse de la vulgate moderne du mépris de la nature. Il y a là un axe éducatif central auquel l'école d'aujourd'hui semble avoir tourné le dos. Pourtant c'est ce programme qui a permis d'en finir avec les conceptions théologiques de l'univers et entretenu une culture populaire attachée aux détails du monde tout en martelant, et la grandeur de la France, et la légitimité de l'empire colonial. Soucieux d'innovations pédagogiques, les maîtres ont enseigné une véritable grammaire des environnements naturels. L'école primaire a-t-elle pour autant inventé une éducation écologiste avant la lettre ? Les millions d'insectes, de plantes, de coquillages collectionnés et parfois torturés ne plaident pas en ce sens. Mais la volonté de connaître et de respecter la nature, la volonté d'améliorer les méthodes culturales conduit au moins à parler d'une sensibilisation profonde à la nature. L'école primaire des années 1870-1920 fut dans ce domaine une école résolument moderne.