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Franz Kafka s'éteint en 1924, année officielle de la création du Surréalisme (même si le terme est déjà utilisé pour la première fois par Guillaume Apollinaire en 1917). Hasard ou coïncidence ? Je me pose la question. L'auteur de la Métamorphose ne croyait pas en lui. Le groupe de personnes qui fondera la branche belge du mouvement, non plus. En tous les cas, ils ne se prenaient pas trop au sérieux. Et quand c'est le cas, on existe encore et on s'en étonne. Preuve ultime, le Surréalisme est toujours là, un siècle plus tard. Avec ce mouvement artistique qui comprend surtout les lettres, la peinture et un indubitable état d'esprit, c'est une parcelle de l'histoire belge qui se dresse devant nous. Paul Nougé n'est pas le premier poète surréaliste présenté dans L'Article. On y retrouve Christian Dotremont, À perte de souffle (N°27) et plus récemment, Louis Scutenaire, Rendez-vous à la Luzerne (N°62), mais on peut également s'aventurer plus loin, avec plus d'audace : l'ami de Marcel Mariën (autre poète génial de la même veine) vient compléter ce trio surréaliste. Nougé se fera plus discret que les autres, mais il a créé des ponts, des passerelles. Se fait revuiste à ses heures, avec les revues Les lèvres nues ou Correspondance. Parmi elles, il accueillera une pléthore d'auteurs. Il écrira beaucoup, même des textes pour la chanteuse Barbara ! A l'instar de Magritte, il cassera sa pipe en 1967 mais, comme disait René, « Ceci n'est pas une pipe. » Alors, n'est-ce pas un beau voyage ? Je vous laisse en première classe, boissons incluses, avec Iocasta Huppen. Embarquez à ses côtés, le voyage est passionnant.