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Vingt-quatre heures durant, les lecteurs s’attacheront aux pas d’un fonctionnaire de province : Robert Cagnard. Ils le verront aux prises avec un extraordinaire événement que symbolisera pour lui l’apparition fugitive, au seuil de sa demeure, d’une jeune Indienne. Plus belle encore, dans le souvenir à demi rêvé qu’il en garde, que dans la réalité, elle est une annonciatrice. Robert Cagnard n’aura de cesse qu’il n’ait déchiffré le vrai message dont elle est porteuse. Tandis qu’il progressera dans cette quête sur lui-même, les mots quotidiens, les banalités d’usage se transformeront sur ses lèvres en un chant profond. Tout, autour de lui, se transformera de même et s’organisera comme une Fête. Comment ce personnage, proche de la quarantaine, ne serait-il pas fraternel à tous ceux que guette l’autre versant de l’âge ? Mais avant la célébration finale, Robert Cagnard adressera à ceux qui l’entourent de nombreuses et parfois singulières paroles. Ce sont les mots du matin, devenus paroles le soir, et qu’il jette comme autant de chances données à lui-même et aux autres, à la manière de ceux qui confient un message aux vagues de la mer qui ne connaissent point de hasard. Ce sont paroles à la mer. Elles ne sont rien et peuvent être tout. Ainsi les flocons — de laine ou de neige, qu’importe ? — que l’on voit dériver sur la ville au cours de cette journée étrange et pourtant familière, sont-ils blancs quand ils se déposent sur le bleu des rues, et noirs quand ils se détachent sur le fond lumineux du ciel. Dans ce récit où l’humour et la poésie viennent subtilement éclairer le sens de la réalité quotidienne comme de l’aventure burlesque, apparaît un aspect très neuf de l’art de Jean David.