Flaubert écrivait, lors de son périple en
Bretagne avec Maxime du Camp, en découvrant
la baie de Saint-Brieuc : «Rien». C'est
ce rien que je côtoie au quotidien en habitant
depuis plus d'une dizaine d'années au
bord de cette vaste échancrure qui s'apparente
à celle du Mont-Saint-Michel ou à la
"Lieue de Grève" de Plestin. Ce recueil est
une sorte de journal d'impressions fugitives
qui fait suite aux longues observations de
ces espaces au fil des saisons. En les arpentant
fréquemment (ou non), ce sont des
lieux que j'ai interprétés, il n'y a pas un site
précis à reconnaître. Ils deviennent avec le
dessin, imaginaires, ici ou là-bas... Ces
endroits sont une offre devenant rare. Ils
sont encore préservés de toute mainmise
mais souvent ignorés et à l'occasion bafoués
avec légèreté. Notre société a peur du vide.
Flaubert avait raison de déclarer «rien», un
rien qu'un Chinois ou un Japonais accueillerait
certainement avec un sourire de connivence,
un vide salutaire dans une société du
trop plein. Ces croquis, dessins, aquarelles,
sont des approches de ces étendues
étranges et fascinantes, une incitation à se
perdre ou à se retrouver à travers les
brumes des méandres en observant la vie
de ces trésors échoués que sont la calligraphie
des arénicoles, les poings des crépidules,
les arbres de sable des filières, les
oiseaux plus ou moins drôles, humains
compris... et aussi à prendre le temps de les
découvrir avec un autre regard accordé aux
rythmes des marées.
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