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Vous ne l’attendiez peut-être pas : le Godeau nouveau est arrivé ! Ouvrez « On verra bien, vous verrez ! ». Vous m’en direz des nouvelles. De ses dernières bonnes nouvelles, certes gagnées sur la nuit, et qui tiennent en quelques traits sur une moitié de carte postale. Oui, vous verrez du pays dans ses petits voyages désorganisés depuis l’Amazonie de poche de son marais poitevin, mais pas comme un méchant touriste en Norvège. Vous verrez le seul pays qui vaille, en fait, celui des visages. Oui, vous verrez bien encore quelques êtres humains : vous y rencontrerez des hommes illustres, non pas les grands de ce monde, mais ceux que l’on dit obscurs, ceux du peuple ordinaire et qui portent, loin de toute littérature, une lumière au fond de l’œil : vous verrez, vous aimerez le visage d’Ulysse, ce routier entraperçu sur l’autoroute, moderne errant chérubinique… Celui de Pénélope, vieille femme veuve qui attend, entre les somnifères et son quotidien, la bonne nouvelle… Certains même vous en feront voir de toutes les couleurs : un vrai roman, celui de l’Écossaise tombée d’un arc-en-ciel, à vous donner la chair de poule, la poésie étant finalement une affaire de peau : être bien hors de sa peau ! Comme l’ami de toujours, Georges Mounin qui donnait des framboises à ses petits voisins (ah ! l’esprit d’enfance…) au travers du grillage : c’est sans doute cela la poésie, ce simple geste d’une main tendue, sans mièvrerie, dans la solitude du monde. D’où ces improbables syncopes, ces nombreux breaks dans les poèmes de Godeau, ce « fais voir » qui se pointe de temps à autre, quand on l’attend le moins. En vérité, tout un art du lancer et de la chute : au bout du son, au bout de la ligne plombée (à rompre) par la gravité de la vie, happée par le petit hameçon de la dérision, l’illumination comme un poisson d’avril. Oui, c’est comme ça, la pêche miraculeuse. Les poèmes sont là à courir dans les rues, dans les fossés, en liberté. Suffit de se pencher pour attraper la lune. Lisez, vous verrez bien, après tout ! Yves Leclair