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Né en 1840, Sylvain Trouillard ne devint pas teinturier comme son père et ses deux frères. Collégien puis semble-t-il, séminariste, il devint Zouave pontifical à Rome en 1863 puis, vers 1867, professeur de langues en Turquie. A la fin de l'été 1870, y apprenant l'invasion de la France par la Prusse et la chute du Second Empire, il voulut défendre sa patrie. Comme nombre d'anciens Zouaves pontificaux et, plus largement, selon son expression, de soldats religieux, il s'engagea dans le corps des Volontaires de l'Ouest juste créé. Plus tard, rendu à la vie civile, Sylvain Trouillard racontera dans ses notes sa campagne militaire dans la seconde armée de la Loire. Le texte s'interrompt brutalement, alors que son récit dont poème héroï-comique, était presque achevé. Les rencontres faites dans sa jeunesse, le milieu social qui devint le sien lui ouvrirent des portes et firent concevoir le monde à la manière d'un notable catholique de son époque, comme en témoignent ses mémoires. Le récit n'en est pas moins vif, tonique. Colette Boulard, son arrière-petite-fille, a, un jour, ouvert le cahier des notes d'un Volontaire de l'Ouest qui dormait au fond d'un tiroir, dans une indifférence familiale qui l'a peut-être sauvé. Le titre n'était pas très accrocheur, l'écriture fine, l'encre fanée. Les premières pages l'ont rebutée et puis elle a découvert tout un pan de l'histoire de cet aïeul notaire. L'histoire familiale rejoignait la grande histoire.