En France, le traître n'est pas une denrée rare. Et, loin d'être toujours tapi dans l'ombre, il lui arrive au contraire de briller de mille feux. Voyez nos Ganelon, Dumouriez, Grouchy, Jomini, La Fayette, Cahuzac, Dumouriez, Murat, Ney : tous valent les Caïn et les Judas !
Posons d'abord cette question : pourquoi cette fascination pour les traîtres ? Eh bien, parce qu'ils sont les maillons forts de l'Histoire. En politique, en littérature, au cinéma, au théâtre, ils accaparent notre attention. Par idéal, par ambition, par vengeance, par lâcheté ou par devoir, le traître n'est qu'un parjure et un renégat, toujours un félon, souvent un fourbe, un faux-cul et, dans le cas particulier de la France, un délateur.
Si les traîtres captivent, c'est qu'ils n'ont qu'une seule morale : la leur. Rétifs au conformisme de l'honneur et de la fidélité, ils redéfinissent tout en fonction de leurs propres intérêts. Le bien ou le mal, ils s'en tamponnent. Le traître est un nihiliste qui se fiche des contradictions ; la volte-face est son pas de danse préféré.
En France donc, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées (de trahison). La preuve dans ce texte enlevé de François Cérésa, où l'on verra défiler des traîtres de toutes les tailles et des traîtres à toutes les causes.
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