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Le pouvoir nomme les lieux à son image, en République démocratique du Congo comme ailleurs, hier comme aujourd'hui. Cet ouvrage scrute le phénomène à travers l'histoire de la RDC. Depuis l'EIC (1881-1908), en passant par l'administration belge (1908-1960), l'autorité coloniale a procédé aux retoponymisations, puisées dans l'histoire et la culture occidentales. Après l'indépendance, certains toponymes ont été changés sur le fond d'une ferme volonté de Congolisation (1966). Un mouvement poursuivi et formalisé, à la faveur du Retour à l'Authenticité, trouvaille du Nouveau Régime (1971). En 1992, la Conférence Nationale Souveraine (CNS) revisite la toponymie dans un esprit révisionniste. En 1998, la Commission urbaine, mise en place par le nouveau pouvoir, complète cette CNS. Se fondant sur un outil théorique et méthodologique, qu'il forge à partir de l'analyse sémique, l'auteur objective la chaîne des retoponymisations opérées à Kinshasa par les différents pouvoirs, avec pour ambition, chaque fois, de recréer un nouvel ordre de significations. Ensemble des noms des lieux, la toponymie, éternel enjeu pour les détenteurs du Pouvoir, participe de la communication politique. Par la toponymisation, l'autorité politique (émetteur) transmet une idée (message) à travers le toponyme (canal) à l'attention du locuteur (récepteur) pour susciter une attitude et un comportement (effets). Docteur en sciences de l'information et de la communication, Claude Mukeba Kolesha enseigne à l'Institut Facultaire des Sciences de l'Information et de la Communication (Kinshasa), à l'Université de Mbuji-Mayi (UM) et à l'Université Officielle de Mbuji-Mayi (UOM). Ses travaux portent essentiellement sur des questions de pragmatique et de sémantique.