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Les considérations sur les savants sont très nombreuses dans les oeuvres complètes de Nietzsche : elles forment un problème à part entière et se situent au confluent de deux lignes d'analyses philosophiques, l'une critique et négative, quasi omniprésente et l'autre, élogieuse et positive, relativement plus discrète. Les points de vue se multiplient - associés à une constante probité - et échappent à tout dogmatisme. Les savants, pionniers supposés de la civilisation, de la culture et de la science, deviennent une matrice de réflexion qui s'articule avec le centre organisateur de la pensée de Nietzsche : le problème de l'éducation. La question de l'Université est de ce fait au coeur d'un champ de bataille culturel et spirituel. Aussi faut-il distinguer - précision philologique oblige - entre la noblesse de la vraie Bildung et la médiocrité de la pseudo-Bildung, qui se décline tout à la fois en érudition stérile et en rapport utilitaire au monde. En définitive, Nietzsche travaille à un dépassement de la figure des savants et à la constitution future d'une aristocratie de solitaires.