Etrange roman, à la fois réaliste et symbolique; d'allure souvent faulknérienne mais où les perpétuels retours au passé, la profonde obsession des origines restent sous-tendus par le besoin et comme l'imminence d'un avenir, par un mouvement d'espoir, un frémissement passionné, l'impatience d'un cheval qui piaffe.
Le thème, la réalité vivante qui est au cœur des divers épisodes, c'est l'Algérie, la patrie perdue et toujours présente, - et qu'il faudra réinventer : « Dans le pays circule une brise unique venue de la forêt, du désert, de la mer, un souffle de patrie perdue.» «... Et c'est à moi, Rachid, nomade en résidence forcée, d'entrevoir l'irrésistible forme de la vierge aux abois, mon sang et mon pays... car ce pays n'est pas encore venu au monde. »
Telle est la fuyante Nedjma, personnage à la fois central et toujours évanescent, l'inaccessible Nedjma, « l'ogresse au sang obscur », la femme fatale, Nedjma dont les hommes devaient se disputer la paternité comme si sa mère française l'avait condamnée à ce destin de fleur irrespirable, menacée jusqu'à la profondeur et à la fragilité de ses racines... »
«
On voudrait qu'il existât
en Algérie beaucoup
d'esprits, qui, comme Kateb Yacine, allient le sens de la plus profonde poésie à une lucidité sans en
traves », écrivait
Maurice Nadeau dans « France
Observateur
»
à
propos de ce roman; Émile Hen
riot souligna dans
Le Monde
qu'il était « plein
de
pages
extraordinaires
»,
et
André
Rousseaux
a pu dire
de
son
côté
dans
Le Figaro littéraire
:
« Je
ne connais guère d'ouvrages
où le langage d'un
écrivain serve à rompre plus hardiment avec
nos
rythmes habituels.»
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