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Qu’est-ce qu’un étranger ? C’est quelqu’un, dit-on, qui vient d’ailleurs, parle une autre langue et n’est pas d’ici : il n’est pas un autochtone. Littéralement, l’autochtone surgit du sol comme une plante, il se dit né de la terre même de la patrie. Aux origines de l’humanité, les vieux mythes politiques athéniens font ainsi naître le premier homme de la Terre-Mère. Pandora, la première femme, n’est donc pas vraiment la mère de l’humanité mais une créature seconde. Loin d’être naturelle, elle résulte d’un artifice divin, quand Zeus destine à l’humanité ce « cadeau empoisonné ». En même temps que ce « beau mal », les humains découvrent leur condition tragique d’êtres sexués et mortels, voués à la reproduction du même en s’enchaînant à autrui. Depuis, l’homme doit travailler le corps de la femme comme on laboure un champ pour l’ensemencer. Pour comprendre les Anciens ont pensé les origines de la citoyenneté démocratique, dont les femmes et les étrangers sont exclus, Nicole Loraux analyse quelques-uns des grands mythes politiques de l’Athènes classique. Si l’historienne de la cité insiste sur les « bénéfices » politiques que procure aux Athéniens l’idée d’être autochtones, elle montre aussitôt qu’il n’y pas lieu d’identifier ces mythes d’autochtonie à une idéologie raciste. Ce qui conduit l’auteur, dans le dernier chapitre de son livre, à notre « actualité la plus brûlante », lorsqu’elle décortique les discours qui veulent imposer à la France d’aujourd’hui une image falsifiée de l’Athènes classique pour mieux légitimer une certaine suspicion à l’égard des étrangers. Dans ce livre, la plus ancienne patrie de l’imaginaire démocratique n’occulte jamais les interrogations d’une historienne qui s’intéresse aux enjeux de notre temps présent. Les analyses de Nicole Loraux contribuent ainsi à mieux éclairer ces zones troubles où fait rage le conflit des origines. Nicole Loraux est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Elle a publié, notamment, Les Mères en deuil aux Éditions du Seuil en 1990.