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À lire La Guerre des Gaules de César, à regarder une scène de bataille sur une enluminure du XVe siècle ou sur une photo prise par des soldats de la Grande Guerre, on remarque que la nature est toujours omniprésente. Cette nature, c’est de l’eau ; ce sont des bois ; ce sont des haies, des arbres. Dans ces scènes de vie et de mort, on est au cœur d’une relation qui se noue entre l’homme, ici le militaire, et la nature. En étudiant cette relation complexe, nous proposons ici une histoire environnementale de la guerre, c’est-à-dire une histoire soulignant l’évolution de la relation de l’action militaire à la nature. Dans les lieux de bataille où se noue une relation si étrange de la nature et du militaire, il y a un « avant », un « pendant » et un « après ». « L’avant », c’est la préparation de la défense qui combine des obstacles naturels et artificiels ; l’aménagement de la nature pour l’attaque comme pour la défense. Puis il y a la bataille. C’est le « pendant ». Là, on doit analyser la nature telle que le militaire l’utilise et telle qu’il devrait la maîtriser. C’est aussi le temps qu’il fait au moment d’une bataille. Puis les armes se taisent. Il y a alors un « après ». Celui-ci révèle les traces laissées par les militaires lorsqu’ils sont partis, que la bataille ait eu lieu ou non. Ainsi, cet essai est une invitation à redécouvrir notre histoire militaire : il est la première histoire environnementale de la guerre.