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Ce livre n’est pas une histoire de la colonisation et de la traite négrière, mais un essai sur leur mémoire nantaise, sur l’évolution et les lacunes de cette mémoire. Un livre citoyen donc, sur une question ô combien sensible, comme nous le rappelle régulièrement l’actualité. Les auteurs n’entendent pas juger, mais expliquer, aider à comprendre. Avec des choix forts, comme de resituer la traite négrière dans son contexte colonial, essentiel pour comprendre les troubles de la mémoire. La mémoire dans toutes ses formes possibles : les noms de lieu (des voies publiques aux écoles), les plaques commémoratives, les statues et les monuments, les « lieux de mémoire » (cimetières par exemple), les paysages (ah, toutes ces plantes coloniales !), les pratiques militantes de toutes sortes (associations, manifestations…), nos habitudes et nos goûts en matière d’alimentation aussi bien que de musique et de chanson, les liens économiques aussi. Le rapport à la “grande histoire” tout autant que la manière dont nos sens sont littéralement colonisés. Mémoire de la colonisation, et mémoire des critiques et des oppositions à la colonisation. Les trous de mémoire aussi bien que les efforts consentis pour les combler par les associations, les institutions, les historiens, l’école, avec une grande diversité d’outils. En prenant en compte l’ensemble des éléments qui font nos mémoires, et les grands bouleversements intervenus depuis trente ans, ce livre est le premier à proposer une synthèse sur la question.