Standaard Boekhandel gebruikt cookies en gelijkaardige technologieën om de website goed te laten werken en je een betere surfervaring te bezorgen.
Hieronder kan je kiezen welke cookies je wilt inschakelen:
Technische en functionele cookies
Deze cookies zijn essentieel om de website goed te laten functioneren, en laten je toe om bijvoorbeeld in te loggen. Je kan deze cookies niet uitschakelen.
Analytische cookies
Deze cookies verzamelen anonieme informatie over het gebruik van onze website. Op die manier kunnen we de website beter afstemmen op de behoeften van de gebruikers.
Marketingcookies
Deze cookies delen je gedrag op onze website met externe partijen, zodat je op externe platformen relevantere advertenties van Standaard Boekhandel te zien krijgt.
Bedankt voor het vertrouwen het afgelopen jaar! Om jou te bedanken bieden we GRATIS verzending (in België) aan op alles gedurende de hele maand januari.
Afhalen na 1 uur in een winkel met voorraad
In januari gratis thuislevering in België
Ruim aanbod met 7 miljoen producten
Bedankt voor het vertrouwen het afgelopen jaar! Om jou te bedanken bieden we GRATIS verzending (in België) aan op alles gedurende de hele maand januari.
Je kan maximaal 250 producten tegelijk aan je winkelmandje toevoegen. Verwijdere enkele producten uit je winkelmandje, of splits je bestelling op in meerdere bestellingen.
Six mille réfugiés s'entassent dans un camp sur l'île paradisiaque de Lesbos.
Le camp de Moria se situe à Lesbos, une île grecque paradisiaque. Environ six mille réfugiés s’y entassent, échoués là après un voyage effroyable, entrepris avec ce qu’il leur restait d’espoir. Mais là-bas, c’est nulle part, c’est l’attente interminable. Les enfants jouent parmi les déchets. Les malades ne sont soignés qu’avec du paracétamol. Les familles s’entassent dans des containers ou des tentes de fortune. Le grillage est leur seul horizon. Certains d’entre eux refusent de croire qu’ils sont en Europe. Marie Doutrepont, avocate bénévole au sein d’une ONG, s’est rendue à Moria pour apporter une assistance juridique de première ligne aux demandeurs d’asile. De ce quotidien bouleversant, elle écrira des lettres poignantes à ses proches. Ces échanges seront son paracétamol à elle, son exutoire, son « absolue nécessité ». Moria. Chroniques des limbes de l’Europe est un témoignage rare et essentiel pour comprendre la douleur de l’exil et l’absurdité de la politique migratoire européenne, en plongeant dans les coulisses interdites de Moria. Un récit simple, humain, désespéré et pourtant empli d’espoir, car sur une même île, le meilleur et le pire se côtoient. Et la vie s’accroche, malgré tout.
Découvrez un témoignage rare et essentiel qui permet de comprendre la douleur de l’exil et l’absurdité de la politique migratoire européenne, en plongeant dans les coulisses interdites de Moria.
EXTRAIT
J’essaye donc d’obtenir un rendez-vous pour Djihanne à l’hôpital. On nous dit de revenir à treize heures, on revient, on attend, les gens ne font de toute manière pas grand-chose d’autre que d’attendre leur tour, ici : leur tour pour la douche, le repas, le rendez-vous chez le médecin ou l’avocat, leur tour pour sortir d’ici et partir à Athènes, leur tour pour leur audition. Leur tour pour la vie. Les hommes sont extrêmement galants, il y en a toujours un pour me céder sa chaise ou son siège dans le bus, malgré mes protestations. Mon gilet gris et mon badge ont fini par jouer. J’ai obtenu une date de rendez-vous pour Djihanne. Mardi matin, 8 h. Il n’y a pas d’assistant social ici, pas d’associations, rien, donc c’est moi qui vais l’y accompagner et traduire pour elle. Afin qu’un médecin grec puisse écrire en grec ce qu’un médecin de MSF avait constaté en anglais. C’est la procédure. Je ne vous parlerai pas aujourd’hui de Kalongo, qui souffre de douleurs insoutenables au dos et à l’anus depuis qu’il a été torturé. À force d’insistance, il a fini par être examiné par un médecin à Mytilène, qui lui a dit qu’il avait une déchirure à l’anus, mais a oublié de lui donner un traitement, de sorte qu’il souffre le martyre à chaque fois qu’il défèque et durant de longues heures après. Je préfère vous dire qu’on est retourné manger chez Nikos et Katerina avec toute l’équipe hier, c’était le dernier jour de Wensley. Ils ont un livre d’or rempli de tous les alphabets du monde, ourdou, hindi, dari, farsi, arabe, latin et encore plus de langues. C’était délicieux, chaleureux. Un pope affublé d’une énorme bedaine, d’une vieille soutane noire et d’un petit chien blanc est venu prendre le café en fin de soirée. Il nous a interpellés avec force gestes en grec, puis est reparti en pétaradant dans une voiture rose défoncée. Hors du camp, la vie est douce, à Lesbos. Il y fait tiède, on y mange bien et pour pas cher, la mer est belle, bleue et turquoise, les paysages à couper le souffle. Mais je ne peux pas m’empêcher de la voir autrement, la mer.