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Monde minime est le résultat d’une quête poétique et éthique exigeante, d’un effort de parole affrontant ce « mur / contre quoi s’é- / crase l’apparu, le / surgi » : une poésie serrée, crue, lucide, fruit d’une patiente maturation portée par Romain Frezzato. Monde minime se compose de quatre mouvements dont les titres manifestent d’emblée une recherche de concision et un travail sonore propre à traduire le redoublement incessant du « tam-tam du non tu » : « Exit l’exact », « Totem tendre », « Monde minime », « Bruit bas ». Ce jeu de tambours forme la basse continue de cette poésie, la marque d’une musicalité singulière où les mots sont rendus à leur étrangeté primordiale, donnant à sentir puissamment leur matérialité et leur signifiance latentes. La tension vers ce « lieu dense où / éclot l’être », vers cette « masse extime / de tout », apparaît comme l’occasion pour une parole de renaître, une parole qui ne serait plus soumise à la grille des significations et des normes ordinaires : parole musicale, hermétique certes, mais émancipée. La rigoureuse simplicité que pratique Romain Frezzato est finalement une manière d’accueillir la complexité du monde tapie sous son apparence de « monde minime ». Les Deux Mains dans la langue, l’autre série de poèmes qui compose l'ouvrage, prolonge l’effort de Romain Frezzato pour rendre la langue impure et plus juste. On le suit dans ses « murmurations », dans son élaboration d’un « lent sabir du bas », d’une expression nouvelle qui serait fidèle à notre complexion intime et extime. Ses tournures sinueuses, intransigeante envers une certaine morale bourgeoise, évoquent la prose poétique de Jean Genet qu’il a lu avec attention. Mais sa poésie s’inscrit peut-être plus encore sous le signe de l’œuvre de Cédric Demangeot, poète des sombres temps et de la révolte viscérale, dont il emprunte en exergue ce qui ressemble à une devise : « Je ne parle jamais / que pour mendier / ce qui m’excède. » La tâche éthique est ainsi de consentir à ce qui nous excède, de se laisser glisser dans « l’écart entre les silhouettes », là « où tout vivre clignote ».