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« Tu es atteint d'une dangereuse maladie de l'âme. Seras-tu assez fou pour ne pas désirer guérir ? » demande saint Augustin à Pétrarque au début de «Mon secret», un dialogue à la manière de Platon. Pour l'auteur des «Confessions», comme pour Cicéron ou Sénèque, l'homme est d'abord un malade qui doit chercher un remède à ses souffrances, dans la sagesse ou la soumission à la grâce divine. Pétrarque, lui, soutient durant tout le dialogue une autre conception, celle d'un poète pour qui la souffrance elle-même peut être une source de joie. Comme l'amour de Laure, la douleur fait partie de l'expérience intérieure de Pétrarque qui en proclame la légitimité et la valeur. «Mon secret» n'est pas seulement la clé du «Canzoniere »et un classique de l'anthropologie de la Renaissance, c'est aussi un des plus beaux textes jamais consacrés à l'amour, à la douleur et à la poésie.