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En plaçant ses pages sous le signe d’un « pain d’épices » délibérément dédié au Proust de la madeleine, l’auteur établit avec son lecteur une sorte de conversation sur un mode à la fois savoureux et profond, grave et badin. Ce récit où l’histoire est d’abord un rapport au monde est écrit dans une langue absolument fluide (et parfaitement imagée parfois) où l’apparente simplicité ne se refuse ni à l’humour ni à la pensée, et surtout pas à la tendresse. Et en effet on est plein d’affection pour toute cette parentèle qui défile sous nos yeux, pour les villages qu’elle fréquente, les fermes ou maisons qu’elle habite, les patois qu’elle parle, la cuisine qu’elle concocte, et pour les mœurs qu’elle transmet de génération en génération. On est touché par la délicatesse et l’intelligence avec laquelle l’auteur explore ces sortes de frontières que forment ville et campagne, instruit et non-instruit, homme et femme, français et patois, religion et superstition… touché aussi par la délicatesse et l’intelligence avec laquelle il en montre les porosités, et, plus que tout, par ce regard d’enfance qu’il introduit partout pour lever des mystères (ou bien les épaissir encore ?) : ceux du passé, ceux de nos souvenirs, ceux de l’étrange travail qu’opère notre mémoire…