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Homme discret et pondéré, universitaire spécialiste de Camus, Roger Quilliot est entré presque par hasard à la mairie de Clermont-Ferrand il y a un quart de siècle. Depuis, ignoré de Paris qui semble avoir oublié la capitale de l’Auvergne, il dirige sa ville entre le récif Michelin et l’écueil Valéry Giscard d’Estaing. Pour la première fois, alors qu’il est parvenu au soir de sa carrière, il raconte la véritable nature de ses relations avec le manufacturier des pneumatiques et ses désopilantes passes d’armes avec l’ancien président de la République et sa famille. Des années durant, Roger Quilliot a également présidé l’Association des maires des grandes villes. Il est donc particulièrement qualifié pour témoigner de leur vie quotidienne et du sort, pas si enviable, qui leur est réservé en dépit de l’effort de décentralisation. « Nous voici majeurs mais appauvris comme des cadets, écrit-il. La tutelle s’est faite partenariat, le contrôle a priori se fait a posteriori, mais cette liberté gagnée s’accompagne d’une paperasserie galopante, d’une méfiance aiguisée des grandes administrations, d’une technicité tout énarchique qui prétend insinuer partout ses modes de pensée. À en croire nos censeurs, nous étions hier des notables, nous voilà des barons. Nos compatriotes nous tiennent pour comptables de tout, des impôts comme du sida. Nous sommes plus que jamais le diable et le bon Dieu. »