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Ces « Poésies choisies » de René Ferriot, regroupant l’essentiel de six recueils ainsi que de nombreux inédits, représentent vingt-cinq ans d’écriture. Raffinée et dépourvue d’emphase, intime et retenue, chantante et secrète, cette voix avait obtenu l’approbation de Max Pol Fouchet : « Ce qui m’avait frappé, d’abord, dans Désertiques, c’est un sentiment du gouffre, pour reprendre une expression de Baudelaire, qui trouve son symbole et son image dans le désert, certes, mais plus encore, à mes yeux, dans le sentiment des passages, du « sillage » (mot fréquent chez vous) laissé par les êtres, un tragique que j’entends dans des vers comme ceux-ci : La courbe s’efface, Le moule s’effrite, La poussière aveugle le temps inerte l’absence raye le cristal de l’été. (C’est moi qui souligne). Ou mieux encore ici : J’attends la chute des branches J’écoute l’écho des paroles perdues. Votre lecteur, en vous suivant, s’il passe par l’absence et le silence, accueille comme vous le silence, voire la mort, comme des certitudes de vie, de palingénésie, de résurrection, » Do son côté, Gaston Bachelard pouvait écrire à René Ferriot : « J’ai lu vos poèmes avec un grand repos d’âme. Venant de nouveau des demeures agitées j’avais besoin de la page d’un poète. Depuis deux jours, je quitte mes devoirs d’épistolier pour infuser doucement dans votre beau livre, La Flamme et le givre. Les poèmes mettent le souffle dans la paix des syllabes. Oui, vous m’avez été un bienfait. »